Le Mont Cameroun est un immense bloc d'environ 50 Km de long sur 35 de large, couvrant ainsi une superficie de près de 1 750 Km2 Il prend ses racines dans la mer et constitue avec l'Etinde ou le "petit Mont Cameroun" (1 713 m), le premier contrefort. À partir de ce petit pic, le Mont Cameroun s'abaisse jusqu'à 900 m environ avant de se relever à nouveau pour atteindre le plateau sommital à 4 070 m. Sur ce plateau des accumulations récentes de laves solidifiées ont porté l'altitude à 4 095 m.
La montagne est composée de matériaux volcaniques divers qui s'accumulent à plusieurs endroits pour former de petits cônes dont le nombre avoisine en tout soixante quinze. Certains de ces cônes ont à leur sommet des cratères portant des cendres volcaniques, des lapilli et des scories. Sur certains versants de la montagne, on rencontre des fumerolles émettant des gaz variés et des geysers laissant échapper de l'eau par jets. Par une multitude de fissures, les laves se fraient un chemin jusqu'au pied de la montagne. La fissure d'Ekona avec des laves de type aa émises pendant l'éruption de 1959 en est un exemple captivant. Dans cette région couverte de laves aa, la circulation est très pénible.
Les éruptions
Le Mont Cameroun est un volcan actif. Ceci se manifeste par la présence permanente des fumerolles et des geysers. C'est l'un des rares volcans en Afrique de l'ouest à être entré en éruption plusieurs fois au cours de ce siècle. Ses dernières éruptions datent de 1909, 1922, 1954, 1959 et 1982. À celles-ci, il faut ajouter les tremblements de terre de 1977.
Les éruptions sont habituellement précédées de grondements souterrains et de tremblements de terre. Ceux-ci n'en constituent que des indications préliminaires. L'explosion qui fait sauter les parois rocheuses déversant le magma résulte d'une forte chaleur et d'une pression très élevée provenant de l'intérieur de la montagne. Certains matériaux éclatés sont projetés dans l'atmosphère ou ils forment d'épais nuages, gris-sombre]e jour mais lumineux la nuit. Ces matériaux projetés diversement appelés bombes volcaniques ou scories retombent pour former les nombreux cônes qu'on trouve autour de la montagne.
L'éruption de 1909 déversa à partir de la partie septentrionale des laves qui s'écoulèrent au nord-est de la montagne sur une distance de quelque 6 km. En 1922, ce fut plus catastrophique. Les laves s'épandirent jusqu'à l'océan, brûlant des hectares de forêt et détruisant plusieurs plantations. L'éruption de 1954 n'émit pas de lave. Seules d'épaisses colonnes de gaz s'élevèrent verticalement à partir du cratère principal situé au sommet de la montagne.
Des chocs violents ébranlèrent aussi les habitants dans la région de Buea. L'éruption de 1959 émit des laves qui s'étalèrent sur environ 4 Km de long et 100 m de large, avec une épaisseur de près de 20 m. Les laves ne provenaient pas de la principale fissure, mais des fissures secondaires situées à Ekona, dans le secteur nord-est de la montagne. Elle fit quelques destructions dans la ville d'Ekona. L'éruption de 1982 débuta le 16 octobre et dura quelques jours. Le cratère principal libéra des fumées et des laves incandescentes qui s'étalèrent dans trois directions sur les versants sud, sud-ouest et sud-est de la montagne, détruisant Végétation et animaux sur leur passage.
L'éruption de 1982 eut le même caractère que celle de 1922. Les quelques 300 habitants du village de Bakingili situe sur le versant sud-ouest de la montagne durent abandonner leur village.
Altitudes, Températures et Végétation du Mont Cameroun
Le principe selon lequel plus on s'élève en altitude plus il fait frais est facilement observable lorsqu'on escalade les pentes du Mont Cameroun. Aux différentes altitudes, les types de Végétations reflètent les conditions climatiques et pédologiques en présence.
Le Mont Cameroun se présente comme une succession de terrasses de la base au sommet. De la côte à 50 m d'altitude environ, se déploie une plaine sédimentaire qui s'étend jusqu'à Tiko. Un petit escarpement situé entre Tiko et Mutengéné en constitue la limite. Au-delà de Mutengéné, Le relief se relève progressivement jusqu'à l'altitude de Buéa (800m).
Au pied de cette montagne règne Le climat équatorial chaud typique avec des températures de plus de 23°C à Tiko et Limbe. Ici, la Végétation naturelle forestière a été détruite pour faire place à des plantations d'hévéa, de palmier à huile et de thé. A partir de 915 m d'altitude environ, au-dessus de la ville de Buéa, se dresse une pente très raide couverte d'une épaisse forêt sempervirente. Cette forêt s'étend jusqu'à 1 700 m et fait place à une Végétation de savane tropicale typique. À environ 1600 m se trouve la Hutte 1. À la lisière de cette forêt, entre les huttes 1 et 2, la pente est plus raide encore. ElIe ne s'estompe qu'à 3 000 m, à l'endroit ou est située la hutte 2 entièrement couverte de savane. Ici, les températures baissent considérablement.
De 3 000 à 3 500 m, la pente est douce. E1Ie mesure environ 30 et est encore recouverte d'herbes, bien que de plus petite tai1le, qu'on peut appeler prairie.
Entre 3 600 et 4 000 m, la pente devient plus raide et la Végétation typique est composée de mousses et de lichens: c'est Je plateau sommital. Il est parsemé de petites crêtes de scories de plus de 50 m, de larges cratères en forme d'entonnoir et de fumero1les dont les températures varient entre 60 et 80°C.
Les températures sont extrêmement basses sur le plateau sommital. Les moyennes journalières sont d'environ 4°C en saison humide et 8°C en saison sèche. Des vents violents d'une vitesse de 240 Km à l'heure soufflent dans cette zone. Au point culminant constitué de laves solidifiées, on a de la neige et les températures tombent au point de congélation.
Le Mont Cameroun a un cratère de 100 m de diamètre et environ 50 m de profondeur avec des parois internes verticales. La montagne est formée de couches de laves empilées. De la base au sommet se succèdent des basaltes, des trachytes, des phonolites et autres matériaux vo1caniques. Les précipitations y sont abondantes, en particulier sur les versants océaniques.
Sur le plan hydrographique, si l'on ne considère que les rivières et les Sources qui prennent naissance au-delà de 3 000 m, la montagne disperse ses eaux dans deux directions. Dans la première, les rivières du sud-est coulent d'abord parallèlement avant de se joindre pour former l'Ombé. Dans la seconde, les rivières du nord-ouest forment l'Ongé. D'autre part, pris dans son ensemble, on peut dire que sur un plan radial, la montagne disperse ses eaux dans toutes les directions.



