Histoire du peuple bantou

Ecrit par ( Jeudi, 12 Août 2010 19:10 | Modifié le Dimanche, 22 Août 2010 07:18 )
Certains ont pensé des siècles durant que l'Afrique noire n'avait pas d'histoire. Ceci était dû au fait que l'Afrique a toujours été une société à tradition orale. L'originalité des sociétés qu'on dit « sans écriture » est que l'Homme est
engagé par la parole. Celle-ci joue ici un rôle primordial, car elle est à la fois, connaissance, religion, histoire, divertissement, science de la nature et initiation au métier, ce que l'on appelle là bas, « l'école de la vie ». Dans une telle société, les gardiens de cet héritage sont les traditionalistes d'une part, qui sont chargés de transmettre des connaissances contrôlées par le comité des sages, et d'autre part les griots qui eux sont à la fois généalogistes, historiens et poètes. L'avantage que représente la tradition orale, est de venir de l'intérieur des sociétés africaines, par conséquent, elle reflète une organisation mentale et un vécu du groupe socioculturel. La tradition orale ne permet cependant pas l'établissement d'une chronologie. Ce qui pose de sérieux problèmes aux historiens, et ouvre ici le chemin de la multidisciplinarité pour tenter de combler les trous.
Quant aux Bantous, certains historiens affirment que Le groupe Proto Bantous qui occupent actuellement l'Est, Le Centre et le Sud du continent africain se serait formé au premier millénaire avant J. C. Aux confins du Cameroun et du Nigeria. Cette affirmation est sujette à caution, car la migration Bantou aurait commencé bien avant le premier millénaire, puisqu' elle était le pendant de l'assèchement du Sahara qui date du début du troisième millénaire. Les Bantous vivaient alors dans la région du Haut Nil comprise entre le 17e et le 21e parallèle sur les bords de grands marécages (cf. R et M. CORNEVIN, Histoire de l'Afrique P.43). Cette présence s'est poursuivit à l'époque du règne du grand pharaon soudanais TAHARKA le Grand (689-664) pendant la période du néolithique humide. Certains Bantous étaient installés entre la cinquième et la sixième cataracte du Nil, à une cinquantaine de kilomètre au sud du confluent NIL-ATBARA. Ils formaient alors le royaume de Kouch-Napata-Méroé. Ce royaume était doté d'une écriture alphabétique non encore déchiffrée à ce jour, et de la maîtrise de la métallurgie du fer (cf. R et M. CORNEVIN, Histoire de l'Afrique P.58). Le climat de l'Afrique dans une région comprise entre le Sahara et la zone équatoriale très étendue, était très humide il y a huit ou dix mille ans. Le mode de vie des Bantous était étroitement lié à l'eau. Le développement des civilisations de pêcheurs a été daté entre 8000 et 5000 avant l'ère chrétienne, le long du moyen Nil et dans le Sahara. On a même retrouvé la trace des Bantous au nord du continent africain tant à l'Ouest qu'à l'Est. En effet, le saharien mésolithique d'Asselar était un noir de type Bantou. En outre, les vases trouvés dans l'Aouker préhistorique (aujourd'hui la Mauritanie) d'après H. Laforgue et Vaneleshe ressemblent en tout point a ceux qui sont encore utilisés aujourd'hui par les Noirs du sud. Les vestiges d'harpons en os et la poterie suggèrent des activités de pêcheurs encore tributaires de La chasse et de la cueillette.

A partir de 5000 avant J.C. Le climat devient aride entraînant un abaissement des niveaux des Lacs, modifiant ainsi le modèle économique fondé sur l'exploitation des ressources naturelles, surtout aquatiques, à savoir La chasse, La pêche et la cueillette. Les conséquences de cet assèchement furent la migration des populations qui vivaient dans cette zone, parties vers le sud, à la recherche de l'eau. Et la mutation du peuplement de l'Afrique.
Les populations noires à cette époque étaient les descendants de l'empire kouchite. Elles se sont déplacées pour la plupart vers les zones sédentaires et certains oasis du nord du Sahara. Tout au long de cette migration, le peuple Bantou a développé plusieurs civilisations, car chaque groupe ou groupuscule qui s'implantait sur un fief essayait d'adapter ses us et coutumes aux réalités locales. La civilisation résultante n'était alors rien d'autre que le syncrétisme entre la culture acquise des Bantous et les nouveaux miLieux et contacts. Cette dispersion des Bantous s'est déroulée sur une très grande échelle d'espace et de temps à cause de la grande forêt équatoriale qui constituait un obstacle plus difficile à franchir car exubérant et impénétrable. Les Bantous ont due emprunter les voies de moindre résistance que constituaient les cours d'eau tel que la Sangha et L'Oubangui. Cette migration n'était pas encore achevée à la fin du 19ieme siècle.
Les Bantous sont estimés à 310 millions à ce jour. Il s'agit plus d'une famille culturelle que d'une race, car l'unité de la langue est incontestable. Ce sont des peuples agriculteurs qui connaissent le travail du fer. Leurs cultures se sont diversifiées en fonction des miLieux qu'ils ont eu à traverser pendant leur migration. Dans la savane se sont développé des royaumes puissants.

Voici une liste non exhaustive des populations Bantoues qu'on trouve au Cameroun classés en 2 groupes :
Les Bantous : Bakweris, bassas, Bétis, Doualas, Fang...
Les Semi Bantous : Bamilékés, Bamouns, Tikar...
Tout au long de leur évolution, les Hommes d'où qu'ils soient, ont développé un certain nombre de caractéristiques qui ont favorisé l'apparition de la culture. Celle-ci étant définie par Leslie A White comme étant « une totalité spirituelle et historique de causes et d'évènements qui dépendent de la capacité de symbolisation ». Chez le Bantou, cette symbolisation a pris la forme du langage et de l'oralité.
En général, les sociétés Bantous font parti des sociétés qui n'ont pas d'archives, c'est à dire que se sont des sociétés qui n'ont pas utilisé pleinement l'écriture et ses ressources. Les Bantous ont développé un certain nombre de caractéristiques en fonction des miLieux qu'ils ont traversés pendant leur migration ou des Lieux où ils se sont installés. Ces caractéristiques ont à la fois rendues possible l'accroissement quantitatif de l'espèce, et favorisé l'utilisation d'une grande variété de ressources naturelles. Les Bantous font partis des sociétés telluriques à tradition orale. Pour mieux comprendre la culture d'une société, il convient d'étudier son adaptation au miLieu naturel, sa structure sociale, ses us et coutumes, et son art.

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